vendredi 14 septembre 2007

Le Président de la République va-t-il contourner le Grenelle de l’environnement ?

Nicolas Sarkozy soutient un projet autoroutier irrationnel en Alsace

Lors de son déplacement en Alsace, Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de réaliser cette autoroute, allant jusqu’à dire que le décret la promulguant irait «…en Conseil d’Etat sans passer par le Grenelle de l’environnement », le Président Sarkozy contredit ses engagements. Cette contradiction sur la forme se renforce d’une profonde incohérence sur le fond.

Selon Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Le Gouvernement s’était pourtant engagé à ce qu’aucune décision ne soit prise avant la tenue du Grenelle de l’environnement en octobre qui pourrait nuire à la sincérité des négociations préparatoires. Ce projet autoroutier Alsacien doit être abandonné ».

A ce jour, la déclaration d’utilité publique du Grand Contournement autoroutier Ouest (GCO) n’a pas encore été promulguée.

Dans l’esprit de beaucoup de citoyens, d’usagers, d’élus, de médias, le GCO doit permettre le désengorgement de l’agglomération strasbourgeoise. Hélas, il n’en est rien, et les services officiels le reconnaissent eux-mêmes.

Les associations rappellent que ce projet autoroutier de 27km coûtera cher (420 millions d’Euros), ne désengorgera pas Strasbourg (baisse annoncée d’à peine 4,6 % du trafic de l'A35 !) et ne résoudra pas le problème des camions en Alsace.

Par la création d’un nouvelle infrastructure routière, Le GCO attirera encore davantage de ces camions que l'Alsace prétend vouloir dissuader par la future redevance (dite taxe "Bur")

La logique du tout routier va à contresens de l’impérative nécessité de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Il est urgent de développer les alternatives à la route et de concentrer les efforts sur des modes de transports plus sobres en carbone (rail et voies d’eau). Dans le cas contraire, les objectifs internationaux et nationaux de la France en matière de lutte contre le dérèglement climatique risquent de ne pas être atteints.

Quant à la pollution atmosphérique locale, la diminution espérée pour les riverains de l’autoroute actuelle n'est validée par aucune expertise indépendante.

9 commentaires:

L'écolo désabusé a dit…

Voila encore une preuve ...
A 52 ans je suis hélas convaincu d'avance que passé les frissons eléctoraux toute la mauvaise foi des politiques va comme d'habitude apparaître au grand jour.
Mister Sarkosy espère seulement y contraindre les grosses fédérations et associations à accepter de grandes concessions dites "pragmatiques" et d'accoucher au final des engagements virtuels et des promesses de gascons.

Anonyme a dit…

Faut-il entendre dans la déclaration du Président de la République une annonce imprudente et surtout en méconnaissance de tous les éléments du sujet ou est-ce un engagement de sa part de construire cette autoroute envers et contre tous? Si c'est le cas c'est très décevant car cette autoroute est le contraire de tout ce à quoi nous devons tendre pour améliorer notre environnement.
Affaire à suivre avec grande attention

melanie a dit…

Je crois qu'à ce stade de duplicité et de foutage de gueule quant à un Grenelle censé être un modèle pour le reste du Monde à tout le moins pour l' Europe, ne rien décider en matière d'Ogm, laisser faire en matière de jachères, autoriser le déclassement de gares de Fret par la SNCF puis valider cette autoroute...à ce stade où de façon patente il y a les effets de manche dont la France est coutumière et Sarkozy addict et une réalité de laisser faire consensuel à visée économique qui n'a rien à faire avec les ambitions affichées d'un Grenelle....

Dans un souci de cohérence, je pense que les associations FNE, WWF et Greenpeace devraient se retirer de ce que beaucoup dans leur coin taxent déjà de mascarade.
A quoi bon rester pour mendier les miettes d'un repas qu'on a promis à d'autres - FNSEA, MEDEF, routiers, BTP , PAC-...,

Anonyme a dit…

Pas du tout d' accord avec mélanie , les ong ne doivent pas abdiquer , mais au contraire faire front et faire preuve de pugnacité , quoiqu' il se passe avant et après le Grenelle . L.G

cléo a dit…

je suis aussi de cet avis bien que je partage tout à fait le point de vue de Mélanie sur la duplicité de Sarkosy. Mais il ne faut absolument pas tourner les talons à présent car c'est précisément ce qu'il attend pour faire endosser aux ONG l'échec du Grenelle. Il faut au contraire aller jusqu'au bout, sans rien lâcher sur les exigences de bases et dégonfler l'opération de communication monté au seul bénéfice de l'image de ce président qui n'a rien d'un écologiste.

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

on a de plus en plus la preuve que ce "Grenelle de l'environnement " , c'est du bluff !
on le savait déjà avec le nucléaire ( le Réseau sortir du nucléaire n'y participe d'ailleurs pas )
par contre , si dans TOUS les domaines , TOUT est décidé d'avance , et qu'on laisse les différentes associations travailler et faire des propositions qui , de toute façon , ne seront pas prises en compte , que faut-il faire ??
claquer la porte ou bien faire du raffut pour se faire entendre par l'opinion publique , qui ne s'intéresse que modérément à ce vaste problème ...
merci pour vos avis

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je suis écologue et travaille avec des élus. Les élections municipales sont en ligne de mire... autant dire que les annonces vont bon train et que l'écologie est tour à tour un alibi paré de vertu ou l'empêcheur de tourner en rond à démolir.
Je crois malgré tout que nous devons être présents, tout le temps, partout. C'est usant, fatigant, nos concitoyens ne changent pas vite alors qu'il y a urgence, les élus (qui les représentent, à ne pas oublier) et les médias flattent le court terme et la société de con-sommation. J'avoue me réveiller certains matins en me demandant pourquoi. Pourquoi faire ce métier, pourquoi chercher à convaincre des gens qui ne veulent pas l'être. Et puis repenser à ce qui nous entoure me redonne du courage et je continue...
Nous devons continuer, occuper le terrain, sans relâche. S'arrêter en cours de route sous prétexte de désaccord ne peut que nous décridibiliser, nous montrer comme des incapables, incapables à s'insérer dans les problèmes et les préoccupations de notre société. ça n'empêche pas d'être persuadé que celle-ci est mal dirigée, mal organisée, mal... Mais je pense que nous ne pourrons la changer que de l'intérieur, en essayant autant que possible d'être optimiste, souriant et non catastrophiste et "gueulard". C'est pas toujours facile, surtout quand on est conscient des urgences.
Alors courage, notre persévérance paiera bien, un jour ;-)
Nadège

Michel a dit…

REPONSE GLOBALE

Je suis responsable du réseau Transports et Mobilité Durables de FNE
Je participe aux ateliers préparant Grenelle et je suis co-signataire de ce communiqué de presse.

Je confirme les engagements de FNE pour participer à Grenelle car c'est une opportunité - la première - pour porter les propositions de FNE dans le débat public.

Notre objectif est aussi d'apporter toutes nos contributions mais nous ne sommes pas responsables des choix effectués.
Notre prochaine action sera d'analyser les choix faits par le gouvernement par rapport aux rapports des groupes de travail.

Ne faisons pas de procès d'intention -sans être naïfs - mais sachons être réalistes pour être présent dans l'actualité et dénoncer toute contradiction que nous pourrrions constater.

Celle-ci est flagrante :nous ne pensons pas nous arrêter sur ce chemin.

Michel DUBROMEL
Réseau Transports et Mobilité Durables
02 38 62 49 24