mardi 11 septembre 2007

Discours de Sarkozy sur l’agriculture : Oui à la souveraineté alimentaire… mais pas sans durabilité !

Nicolas Sarkozy a présenté aujourd’hui sa vision de l’agriculture lors de l’inauguration du SPACE de Rennes. Si la fédération France Nature Environnement ne peut que partager son analyse sur les mutations actuelles de l’agriculture et sur le caractère primordial de son rôle nourricier, elle tient à rappeler que pour continuer à nourrir les hommes, l’agriculture devra être durable. En pleines négociations pour le Grenelle et à l’aube du bilan de santé de la PAC, FNE rappelle que l’amélioration des pratiques agricoles et la rémunération des services environnementaux rendus à la société demeurent des enjeux de santé publique et de survie des populations.

Pour Jean-Claude Bévillard, secrétaire national de France Nature Environnement,
« L’agriculture ne peut être soumise aux seules lois de la rentabilité économique. Plus que jamais il faut qu’un contrat sociétal définisse clairement les missions d’intérêt général confiées à l’agriculture et les moyens engagés pour les remplir »

Pour assurer sa fonction nourricière, l’agriculture devra être reproductible à long terme, et, pour cela, faire appel à des pratiques respectueuses des ressources naturelles. Dans ce domaine, la marge de progrès reste considérable, notamment en matière de maintien de la fertilité des sols et d’utilisation des pesticides.

Par ailleurs, certaines fonctions environnementales et sociales de l’agriculture, comme le maintien d’espaces ouverts favorables à la biodiversité et la préservation de la qualité des eaux sont d’intérêt général et méritent d’être rémunérées par un contrat entre les agriculteurs et la société.

Enfin, certaines formes d’agriculture, en montagne par exemple, ne pourront survivre sans un soutien de la société compensant leurs handicaps.

Dans le cadre du Grenelle, FNE demande un soutien à l’agriculture biologique, une réduction de 50% de l’utilisation des pesticides en France, une certification des exploitations à Haute Efficacité Environnementale et le maintien, sur chaque exploitation, de 10% d’espaces dédiés à la biodiversité.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

l'agriculture du 21éme siècle se doit d'être respectueuse de l'environnement et il est primordial de remmettre en cause l'utilisation à outrance des intrants la réduction de 50% n'est pas suffisante cela laissera la part belle à l'agriculture raisonnée concept mis en place par l'UIPP pour dévaloriser le bio.
du reste sans une remise en cause du fonctionnement des chambres d'agricultures cadenassées par la FNSEA là encore les beaux discours resteront sans effets .
la formation aussi est importante l'enseignement agricole pour sa part doit évoluer et véritablement former ces élèves à cette problématique
mais le gouvernement osera t'il ?

kriss de Niort a dit…

vous dites "Dans ce domaine, la marge de progrès reste considérable, notamment en matière de maintien de la fertilité des sols et d’utilisation des pesticides."

Tout à fait, mais j'ajouterais également le maintien des agriculteurs sur leurs fermes.

Je suis d'une région où les fermes mesurent en moyenne 10 hectares (terres cultivables, près et forêts) et il y a bien longtemps que ces fermes ne peuvent plus faire vivre une famille... et je ne parle même pas du remplacement de ceux qui continuent à cultiver alors qu'il ont atteint 75 ans !

Di Girolamo a dit…

Deux manières de poser le problème agricole :

- 1) On cherche à introduire la notion de durabilité dans le système agricole existant.
Ce travail se fera sur la base d’une série de mesures et effectivement la « marge de progrès reste considérable »

Il se fera sur la base de négociation avec les acteurs agricoles et le gouvernement, et d’une participation /information du public.

- 2) On établit un état des lieux global de l’agriculture et son fonctionnement en relation avec le fonctionnent global de la société ; on cherche à expertiser la durabilité du système ; on planifie une politique destinée à mettre en place un système durable. Ce travail se fait dans le cadre d’une expertise publique refondée où tous les acteurs, tous les citoyens sont présent en amont.

Cela vaut pour l’agriculture mais aussi pour l’ensemble du problème environnemental.


Jean Louis Borloo vient de nous illustrer magnifiquement le 1 en faisant son aller retour au pôle compensée carbone.

Pour accéder au 2 le Groupe 5 doit plancher sur le sujet d'un outil politique amont capable d'introduire l'expertise globale?