mercredi 5 septembre 2007

groupe 5 : retour sur la réunion du 04/09/07




3 commentaires:

Di Girolamo a dit…

La démarche engagée, d’introduire les associations environnementales dans un Conseil économique et social réaménagé et de renforcer les procédures et structures de participation et d’information des citoyens (au niveau national et régional )ne peut être que soutenu.

Mais A CONDITION que cette démarche inclut aussi en parallèle et en même temps

La revendication complémentaire et indispensable d’une expertise et d’un débat public AMONT et sociétal,


C'est-à-dire placer l’environnement non seulement dans les divers cadres sectoriels (transport, agriculture etc) mais directement au cœur d’un débat et d’une expertise publique portant sur l’organisation globale de la société , telle quelle est et telle qu’on pourrait la construire.

Si les associations laissent de côté cet aspect essentiel, la division symptomatique des pros et anti Grenelle ne se résoudra pas
Au moment où nos ressources s’épuisent et notre planète se dérègle seul l’organisation sérieuse du débat citoyen amont peut recréer l’unité, non immédiatement dans les idées des uns ou des autres, mais dans la participation collective à la réflexion sociétale.

SB a dit…

Di girolamo,

Nous sommes totalement en phase et c'est bien la position que soutient FNE. La réforme du CES est symbolique au regard d'une volonté affichée d'un renforcement et d'ouverture des instances et des procédures de concertation et d'association des citoyens et des associations de protection de l'environnement (qui généralement portent leurs revendications en matière d'environnement) aux décisions, programmes et politiques publiques. L'environnement doit prendre sa place au coeur de toutes les décisions et débats à toutes les échelles territoriales (par un total accès à l'information dans tous domaines, le développement des consultations, des réferendums populaires et consultatifs, des procédures de concertations pour les documents d'urbanisme comme pour les choix de développements ruraux et agricoles, etc). Les avis et expressions des citoyens par le biais des associations de protection de la nature et exprimés individuellement en faveur de la nature et de l'environnement doivent notamment et enfin être pris en considération, donner lieu à des réponses et motivations des décisions au regard des avis exprimés. L'ensemble des acteurs de notre société doit rendre des compte. En d'autres termes, le rapport de force doit être aujourd'hui équilibré pour donner sa vraie place à la prise en compte de environnement encore trop souvent marginalisé par rapport aux revendications économiques, d'usage de la nature,etc.
Les divers bénévoles, membres actifs des associations du mouvement FNE, au niveau national comme au niveau local peuvent témoigner de leurs expériences pour faire entendre et tenter d'infléchir ce rapport de force. Le défaut de prise en considération des intérêts environnementaux exprimés dans les lieux de débats insuffisants et dans lesquels nous sommes généralement en infériorité face aux autres intérêts trés bien organisés et soutenus, nous ont bien souvent conduit à obtenir gain de cause devant les tribunaux. Que de temps et d'énergie perdus ! La tendance peut-être et doit être inversée!
La réforme du CES en ce sens ne serait que le point de départ symbolique du développement des instances de concertation et de mise en débat constructif intégrant la dimension environnementale. C'est bien la prise en compte des intérêts environnementaux dans toutes politiques et décisions publiques comme privées qui motivent cette proposition de FNE au sein du groupe "démocratie écologique". Celle-ci étant accompagnée d'un ensemble d'autres mesures qui vont toutes dans le même sens en vue de renforcer le poid de la société civile qui défend l'environnement dans toutes ses composantes vitales et patrimoniale : eau, diversité écologique, air, etc... La défense de notre patrimoine commun, notre futur, notre humanisme motivent nos propositions et notre positionnement.

SB

Di Girolamo a dit…

SB Merci pour la réponse.


Nous sommes en phase mais pas
« totalement » me semble t- il. Où porte le décalage ?

Disons que vous souhaitez associer les acteurs (citoyens, associations..) dans les instances préparant « les décisions, programmes et politiques publiques » ; on est bien en phase là-dessus.
Là où je me démarque c’est que je crois qu’il manque une dimension essentielle au fonctionnement de l’action publique et que cette dimension va encore manquer même si la participation des citoyens et des associations prend forme tel que vous le décrivez,c'est-à-dire au sein de l’organisation politique actuelle.

L’action publique pour diverses raisons s’est sectorialisée en autant de domaines qu’il existe d’activités et d’acteurs ; elle s’est aussi restreinte et s’est inscrite dans la gestion du court et moyen terme des divers secteurs. Elle n’est pas organisée pour des programmes globaux engageant la société vers une vision à long terme, une orientation générale, un projet, mais bien plus pour gérer en alternance droite/gauche un existant, une organisation structurante, considérée comme
« la réalité » et qui du fait de cette organisation de gestion sectorielle court terme n’est jamais objet d’étude et de réflexion. En tous cas pas dans le débat public.

Ce fonctionnement politique empêche l’émergence d’une vision collective introduisant une cohérence et une unité dans la diversité des activités et des acteurs de la société, qui est de ce fait morcelée, éclatée, peu solidaire, chacun tirant dans son sens, l’état régulant, généralement dans le sens d’un rapport de force déséquilibré en faveurs des acteurs les plus puissants et les mieux structurés.

La stratégie des associations de l’environnement consistant à introduire la problématique environnementale au cœur de la cité et des diverses activités des divers acteurs se heurte à cette problématique d’un fonctionnement politique qui dans son organisation n’est pas prévu pour une telle mise en cohérence consistant à aller collectivement vers un projet de société, en l’occurrence ici le projet d’une société durable. Il n’y a en fait QUE les associations et une minorité de citoyens qui ont compris, fait leur les enjeux et fait un chemin intérieur les amenant à choisir activement ce projet. Les puissants acteurs organisés et tirant des avantages du système n’étant de leur côté prêt qu’à intégrer les aspects économiquement rentables de l’écologie ou porteurs en terme d’image. Le grand public étant peu et mal informé, subissant plutôt que participant et formant de ce fait une masse d’inertie empêchant le système de se remettre en cause et d’évoluer efficacement ,puisque c’est l’accumulation numérique des votes qui dirigent le pays.

Le rapport de force est puissamment déséquilibré, d’autant que l’absence de lieu démocratique de réflexion global sur le système produit d’autres divisions, des rivalités de personne ou de clans,entre les partis ,entre les associations…. des débats s’organisant en pour et en contre se nourrissants d’idéologie , les minorités comme les anti Grenelle, ne pouvant s’exprimer que dans la rue , en étant l’exemple.

En conclusion, je pense que l’on ne peut pas faire l’économie du débat politique ; non de prises de positions droite ou gauche , anti ou pro capitalisme , mais de l’analyse globale de la société et du système, grâce à un lieu public institutionnel, reconnu à ce titre par tous les acteurs, ouvert à tous les citoyens, accessible au plus grand nombre , organisé et doté de moyens humain d’encadrement et d’animation , espace public d’expertise contradictoire destinée à élaborer un état des lieux , à faire émerger des solutions partagés , à faire émerger des majorité populaires sur les grands enjeux, la vision d'avenir de l'organisation de la société.

Bref, l’introduction de la participation citoyenne ne doit pas (comme l'écologie d'ailleurs) venir en plus, mais dans une nouvelle démocratie refondée, possédant un outil public amont de qualité , destiné à faire émerger le projet de société .

La nuance est de taille ; Elle est difficile à expliciter et exprimer ; Il faut selon moi passer d’une démocratie de gestion à une démocratie de projet, et les outils, les méthodes ne sont pas les mêmes .
C’est l’adhésion des citoyens à un projet qui se traduira en programmes d’action qui rendra son efficacité à l’action publique.
Je pense ,à tort ou à raison , vousme donnerez je l'espère votre avis , que nous (les associations ,les citoyens sensibilisés ..) devrions travailler à une formulation précise de tout cela ....
je vais tenter de faire une proposition sur le blog de l'ALLIANCE en commentaire de la vidéo du groupe 5.