vendredi 12 octobre 2007

Le rapport Syrota ne doit pas court-circuiter les très grands efforts à faire dans le domaine énergétique !

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT souhaite réagir à l’article paru en Une du quotidien La Tribune daté du 9 octobre annonçant que le « Facteur 4 » (réduction par quatre des émissions de gaz à effet de serre –GES) ne serait pas réalisable par la France à l’horizon 2050, selon le rapport Syrota du Centre d’Analyse Stratégique.

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT tient d’abord à souligner que ce rapport était connu lors des débats du groupe 1 « Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie » du Grenelle de l’environnement. Les conclusions du rapport du groupe 1 ont donc été formalisées en connaissance de cause.

Cette affirmation ne doit pas masquer l’essentiel : si la France ne change pas ses habitudes en matière de production et de consommation d’énergie (dans les domaines transport et bâtiment essentiellement), elle ira dans le mur ! En effet, malgré des émissions par habitant de GES relativement modérées, elle demeure un très mauvais élève sur le plan de l’énergie.

Le groupe 1 du Grenelle l’a clairement souligné : la France doit réduire, de manière significative, sa consommation d’énergie.

Pour Christian Garnier, Vice-président de la fédération : « N’en déplaise aux lobbies et technocrates concernés, pétroliers et nucléaires en tête : oui, il faudra baisser notre consommation d’énergie ! oui, cette baisse remet en cause des intérêts financiers considérables et des stratégies industrielles qui conduisent à des impasses ! Et cela même en pleine ouverture du marché de l’énergie à la concurrence. C’est vrai, le Facteur 4 est un objectif difficile à atteindre, mais nous avons le devoir de tout faire pour le réaliser et de prendre dès maintenant le bon virage ! »

Les secteurs concernés devront quitter leurs logiques anciennes et affronter les nouvelles réalités climatiques et énergétiques :

• réduire drastiquement la facture pétrolière (35 milliards d’euros à comparer aux 30 milliards de déficit de notre balance commerciale) et la production de déchets nucléaires ;

• anticiper les activités et les emplois de demain : économies d’énergie et énergies éco-renouvelables.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

On aurait bien aimé que les partis politiques soient invités au Grenelle de l'Environnement et pas seulement les associations et les particuliers. Merci quand même pour votre travail. Amitiés Elisabeth Simon des "Verts".

Anonyme a dit…

On aurait bien aimé que les partis politiques soient invités au Grenelle de l'Environnement et pas seulement les associations et les particuliers. Merci quand même pour votre travail. Amitiés. Elisabeth Simon des Verts

Didier a dit…

Je ne connais pas ce monsieur Syrota mais il ne faut pas être grand clerc pour supposer la non-volonté de nos élus à accéder au durable en matière d'énergie.

Sans fermer immédiatement les "robinets", pourquoi ne pas utiliser cette déconcertante facture pour construire du durable. Les matériaux issus du pétrole ont, pauvre de nous, de grandes qualités de durabilité. Faisons-en de l'utile et du fonctionnel plutôt que de le consumer sottement. Les photo-piles sont au point, il faut des kilos de résine pour les étancher, les coques d'accumulateurs sont aussi fabriquées à base de produits pétroliers. Roulons électrique, chauffons-nous électrique au-moins le temps de faire les économies nécessaires et trouver les moyens de recycler tout ce pétrole transformé.

La volonté de faire durer, la durée de vie d'un produit manufacturé dépend uniquement de la volonté de son utilisateur, sauf s'il est calculé pour ne durer qu'un temps donné.

Notre politique industrielle est insensée. Ils pleurent quand ils ont vendu moins de véhicules, ils devraient être fiers de voir durer quelque-chose qu'ils ont fabriqué, non?

Je suis sûr que si l'on fabriquait moins et mieux, si l'on réparait plus souvent au-lieu de jeter, les dépenses énergétiques baisseraient significativement.

Didier a dit…

@Elisabeth> Je débarque un peu sur ce blog mais à ce que je crois comprendre du grenelle de l'environnement, c'est qu'il se doit d'être consultatif et fédérateur, sans influence ni contrainte de politique politicienne.

Peut-être pour contrer la vision des politiques du développement durable car ils en ont une, construite à partir de nucléaire, d'ogm, de pétrole, de nanotechnologies, d'égémonies et pilules du bonheur etc...

Odile a dit…

A Elisabeth Simon des "Verts" : Heureusement que les partis politiques n'ont pas été invités au Grenelle, notamment les "Verts" qui s'occupent surtout de politique et (très) accessoirement d'environnement. Il est urgent de faire des avancées concrètes et non des palabres incessants pour couper un cheveu en 4.

yvegal a dit…

Parler d'énergie n'a plus de sens au temps de l'effet de serre. C'est oublier que nous ne sommes plus en 1973, lorsque la guerre du Kippour avait provoqué l'embargo pétrolier contre certains pays, une augmentation drastique du prix du pétrole et un affolement de la planète. Soleil, vent, géothermie, biomasse, l'énergie est abondante sur terre. Seuls comptent son prix et son contenu en CO2. Puisque le nucléaire n'émet pas de CO2, tout comme les énergies renouvelables, il n'y a aucune raison d'économiser ces énergies au nom de la planète. On peut les économiser au nom de son porte-monnaie ou de la place qu'elles prennent dans nos paysages, exactement comme on économise sur tout le reste : la nourriture, la voiture, les objets de la vie courante... Mais il s'agit là d'un acte économique banal. Au nom du climat, il n'y a qu'une seule chose à éviter : les émissions de gaz à effet de serre. Et la croissance n'a rien de criticable si elle se fait sans émissions de GES.
Yves Egal

Di Girolamo a dit…

@ Elisabeth Simon des Verts

Les "particuliers" n'ont pas été invités au Grenelle . Ce qui est heureux.
Par contre un véritable outil démocratique est un outil bien articulé dans le temps et dans le rôle et la place de chaque acteur :

première étape amont : l'expertise publique participative et accessible à tous les citoyens : on pose le problème ,on fait des propositions .
A cette première étape sont présents les différents acteurs sociaux , les associations et les partis politiques , ces derniers constitutionellement ayant la tâche d'animer le débat public et d'aider les citoyens à forger leurs opinions, les représentants élus ayant pour tâche de représenter les citoyens et devant donc prendre leurs avis , et les citoyens qui grâce aux nouvelles technologie de communication peuvent matériellement participer.

Deuxième étape : les désicions politiques prises par le gouvernement après écoute des représentants parlementaires qui font remonter les propositions du débat de l'étape 1

Selon cette vision des choses le Grenelle n'est effectivement pas vraiment démocratique.