vendredi 10 août 2007

Petites nouvelles au 9 août 2007 du Groupe 5 "Construire une démocratie écologique "



Le 30 juillet c'était la deuxième réunion du groupe 5 du Grenelle de l'environnement.L'éducation à l'environnement était à l'ordre du jour. Nous étions plus d'une quarantaine réunis pour la journée (10h-17h45) sous la présidence de Nicole Notat, Michel Prieur (professeur de droit de l'environnement) étant vice-président. La présence du CFEEDD malgré les assurances écrites du Président de la République n'a été possible que grâce à la bienveillance de FNE qui nous a prêté un de ses 3 sièges pour cette séance.

Une question "centrale".

Nous n'avons pas eu droit à l'échauffement, le premier sujet traité a été l'éducation. La présidente a commencé par dire que c'était le consensus parmi toutes les parties prenantes et dans tous les groupes pour dire que cette question de l'éducation et de la formation était centrale. Elle a précisé que c'était une question transversale et qu'elle ferait l'objet d'une proposition. Cependant cette dernière ne ferait pas parti des 3 propositions du groupe 5. Ceci confirme ce que nous a dit Ghislain Gomart du Cabinet Borloo, il y a une démarche particulière qui se prépare sur la question de l'éducation.

Le document diffusé à tous les participants au début de la réunion reprenait les propositions de FNE, du WWF, de Pierre Lascoumes (prof de droit Sciences Po), Michel Prieur, Monsieur Buer (Ministère de l'agriculture) et une part assez importante de nos propositions sous le titre "CFEEDD". Les propositions des contributeurs convergent vers un développement de l'Education à l'Environnement dans les programmes, la formation des élus et agents publics nationaux et territoriaux à la pratique de la concertation et de la participation, la création d'outils pédagogiques, la formation professionnelle...
Michel Ricard a été invité à présenter la question par la présidente. Il s'est appuyé sur les 12 propositions issues du colloque de juin 2006 à l'UNESCO. Il a parlé du plan d'action de la décennie qui est en construction.
Michel Prieur prenant a son tour la parole, n'hésite pas à donner de la hauteur à la question en disant que l'éducation à l'environnement relevait d'une "obligation institutionnelle" depuis qu'elle a été inscrite dans la charte de l'environnement de 2005. Il nous fait part en plus, comme quelqu'un qui donnerait un coup de pied dans la fourmilière, de son doute, se demandant si le plan d'action de la décennie n'allait pas être comme une nouvelle forme de circulaire vouée à "rester dans les tiroirs".

Le Scoop de la journée.

La présidente m'a donné la parole à ce moment la. J'ai dit l'importance qu'il y avait à prendre en considération l'existant, en particulier l'action des associations, ainsi que les démarches partenariales qui se développent dans les territoires et débouchent sur des plans d'action. J'ai dit aussi que, comme l'avaient souligné les inspecteurs généraux dans leur rapport de 2003, l'Education Nationale était en échec sur cette question. Christian Brodagh est intervenu en disant qu'il ne "fallait pas dire que l'Education Nationale ne faisait rien", ce qui n'était pas du tout mon propos.On connait assez la réalité pour savoir qu'il se passe des choses et même de plus en plus mais par rapport aux enjeux et au nombre d 'élèves touchés par l'Education à l'Environnement dans le milieu scolaire, peut-on parler de réussite? Michel Ricard a reconnu que l'Education Nationale était "une énorme machine difficile à mettre en action" et c'est à ce moment la qu'il nous a sorti le scoop de la journée "le plan d'action de la décennie fera l'objet d'une soumission au parlement". Marie-Suzie Pungier de Force Ouvrière (FO) parle des trop faibles moyens offerts aux écoles, de "la formation à donner aux enseignants qui n'existe pas aujourd'hui". Le MEDEF lui-même y va de sa couche disant qu'il fallait en rajouter dans les programmes et faire la formation des maîtres. Même chose pour la FNSEA ( Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles ) qui souhaite davantage de formation, parle des fermes pédagogiques, du besoin de témoignages d'acteurs dans la formation, de la pluridisciplinarité...

La grande absente.

J'ai repris la parole à ce moment la pour dire que l'Education à l'Environnement c'était d'abord une question de méthode: les savoirs, mais aussi les savoirs faire et les savoirs être, que nous vivions une séparation dramatique avec la nature et qu'il fallait que l'éducation à l'environnement prenne en compte cette rencontre avec la nature, nécessaire pour tous les humains. J'ai demandé qu'on reconnaisse clairement l'Education à l'Environnement comme une activité d'intérêt général, qu'il fallait développer l'emploi et la profession d'éducateur à l'environnement...Enfin j'ai demandé qui représentait l'Education nationale dans la salle? Un grand silence à suivi...il y a eu des sourires...soit amusés ...soit gênés! Evidence, Michel Hagnerelle membre du collège Etat du groupe 5 n'était pas là (il n'était pas non plus à la première réunion du groupe la semaine dernière) et visiblement il n'était pas remplacé. C'est choquant que le ministère le plus concerné par la question traité ne soit pas là, il semblait important de le souligner. Cela démontre clairement l'intérêt du Ministère de l'Education Nationale pour l'Education à l'Environnement, la même absence a aussi pu hélas être constatée au comité de la décennie. Michel Ricard a confirmé publiquement ce que nous dénonçons depuis des années: l'observatoire qui a été créé en 2003 en réalité "n'existe pas"! Après plus d'une heure de discussion le rapporteur a proposé une synthèse: Consensus sur le besoin, programme d'action, Education à l'Environnement attaché aux politiques publiques, qualité et certification, métiers du développement durable, problème sur l'enseignement supérieur, l'Education à l'Environnement est d'intérêt général. J'ai demandé qu'on dise bien dans la synthèse l'importance de l'action associative, l'importance de la relation avec la nature, le besoin de financement (en précisant que Nicolas Sarkozy pensait à la fiscalité écologique pour financer l'Education à l'Environnement (lettre d'avril), l'action des acteurs dans les territoires et les plans d'action qui se mettaient au point dans les territoires même dans les pays. Christian Brodagh a dit qu'il y avait besoin de lieux de gouvernance pour l'Education à l'Environnement.
Nous avons ensuite traité des autres sujets: l'information, les indicateurs, l'évaluation, l'expertise et l'international.


Buffet Bio!


Concernant l'évaluation, j'ai proposé qu'on n'évalue pas seulement l'élève pris individuellement, mais aussi les groupes (capacité de créer du corps social) et le terrain sur lequel se passe la séance éducative et la cohérence....J'ai aussi parlé de faire rentrer l'Education à l'Environnement dans l'évaluation des élèves. Pour finir évoquant les E3D (Etablissements en Démarche de Développement Durable de l'Education Nationale) j'ai proposé à la présidente de faire un buffet bio la prochaine fois et que ce serait à prendre en compte dans l'évaluation du Grenelle.

Sérieux?

On ressort forcement de cette réunion avec un sentiment d'insatisfaction, nous n'étions que très peu nombreux dans la salle à avoir une expérience d'éducateur à l'environnement...c'est pourtant bien avec les éducateurs qu'il faut d'abord parler d'éducation pour arriver à des propositions solides. Ce Grenelle se fait dans la précipitation: plusieurs intervenants ont dit que leurs fiches n'étaient pas prêtes, oui l'action collective exige du temps, nous sommes en été et à 14H nous n'étions que 39 dans la salle sur un groupe de 51 sachant que les places sont très chères. C'est un peu surprenant tout ces membres qui ne se font même pas remplacer. Prennent t-il cette affaire au sérieux? Les transformations de sociétés peuvent-elles se faire sans prendre en compte la motivation? Nicole Notat nous a dit que le ministre avait dit aux présidents de groupe qu'il fallait inviter les participants à se "lâcher", qu'il fallait être "ambitieux", qu'il ne fallait "pas se limiter". Est-ce là le signe d'une certaine mollesse dans ce Grenelle, d'un manque d'audace? Quand les vrais acteurs ne sont pas là et qu'en plus il faut aller vite, échanger sans se connaître, faut il s'étonner d'une faible créativité?
On aurait pu aussi bien imaginer, vu le sujet, un ministre contraint de calmer les enthousiasmes et, au contraire de ce qui se passe, de réduire les ambitions. Des porteurs d'idées qui devraient y être n'y sont pas!

Pour avancer nos idées et faire reconnaître notre action il faudrait s'y employer avec du temps et des moyens. Il apparaît clairement que des ponts sont possibles entre associations qui ne se connaissent pas, entre associations et syndicats, mais aussi avec les élus locaux et d'autres acteurs. Nous devrions sans aucun doute faire davantage de lobbying pour progresser mais pour cela il faut des moyens, ce que nos associations n'ont pas! En parlant de ça aucune nouvelle des demandes de subvention du CFEEDD aux ministères pour 2007 , on a pourtant joué dans les règles du jeu!!!!

Roland Gérard, représentant de France Nature Environnement pour le Groupe 5 et co-Président du CFEEDD (Collectif Français d'Education à l'Environnement et au Développement Durable).

13 commentaires:

Di Girolamo a dit…

J'ai lu la rubrique de propositions de gouvernance du site sur la biodiversité de la Ligue ROC. J'interviens sur le thème traité par le Groupe 5 du Grenelle.
Je suis d'accord sur les processus de consultation des citoyens, en association ou non, à tous les échelons des prises de décisions.
Mais au-delà, je propose notamment d'aborder le problème environnemental selon une approche globale, de diagnostic et de projet.

PARCE QUE GLOBAL ET TRANSVERSAL, CE TRAVAIL DOIT ETRE LARGEMENT PARTICIPATIF ET A BESOIN D'UN OUTIL PUBLIC DE RECHERCHE DEVELOPPEMENT D’UNE SOCIETE DURABLE, DISPOSANT DE LA TV PUBLIQUE POUR UNE EXPERTISE COLLECTIVE VIA DES DEBATS CONTRADICTOIRES.

Les parlementaires, les élus nationaux et locaux, les associations, fondations, partis politiques et les citoyens seront mobilisés autour de cet effort de compréhension de l’existant et de l’imagination de l’avenir. Localement, en cohérence avec les réflexions nationales , des expérimentations pourront être menées ayant pour but de préparer la société autrement à la raréfaction des ressources énergétiques et aux désordres climatiques sans doute inéluctables.

Cette proposition est très éloignée de négociations en
« hauts lieux » définissant des mesures dont certaines visant à informer et sensibiliser le grand public.Il s’agit de mettre directement la question au centre d’un débat et d’une expertise publique, officielle, organisée, dotée de moyens en terme d’animation et de communication …..

C'EST UN PROJET DE SOCIETE A CONSTRUIRE PAR LES CITOYENS ET POUR EUX.

Serge a dit…

Compte tenu de l'urgence, il faut d'abord prendre des mesures essentielles, des mesures de rupture pour gagner du temps. Quand les signaux sont au rouge, agir vaut mieux que disserter car la phase préliminaire de débats et discussions que vous envisagez à travers le pays risquerait de prendre un certain temps... quand la nature ne peut plus attendre.
A supposer que l'urgence ne commande pas la prise immédiate de mesures, comment concevez-vous l''outil que vous appelez de vos voeux? Mobiliser tous les citoyens, est-ce envisageable? Même le droit de vote;;; laisse le droit de s'abstenir. Quel outil magique ferait participer tout le monde comme un seul homme?

j-marie a dit…

Bravo et merci pour votre engagement. Juste une remarque sur la necessité de l'éducation par l'exemple. Pourrait-on proposer que chaque structure acceuillant des gens en formation : - analyse l' impact environnemental de ses pratiques. - adopte des comportements d'amélioration vers une durabilité de ses pratiques (économies d'énergie, de ressource, gestion des déchets, transports, restauration,...) - utilise ces démarches comme support pédagogique de sensibilisation. bon courage pour la suite.

rikitiki a dit…

C'est triste de voir que ce grenelle est loin d'être à la hauteur de ce que l'on pourrait en attendre, mais c'est encore plus triste de voir un compte-rendu truffé d'autant de fautes, surtout quand il s'agit d'éducation, même si c'est à l'environnement. Les associations qui travaillent sur le terrain n'ont pas attendu le Grenelle pour tirer le signal d'alarme en ce qui concerne la dégradation de notre environnement et agir sur le terrain , aussi on aimerait que de vraies propositions concrètes et efficaces soient mises en oeuvre rapidement pour stopper la machine infernale et enclencher la marche arrière pendant qu'il en est encore temps. Le temps des projets d'actions est dépassé depuis longtemps.

France Nature Environnement a dit…

Concernant les erreurs du texte, elles ont été corrigées au possible.Merci pour votre vigilance, et désolé pour la gêne occasionnée.

Nelly Boutinot a dit…

J'adresse cette réponse à di girolamo.

Oui, la nécessité de la participation citoyenne est une idée largement répandue. La page que vous avez consultée http://www.biodiversite2007.org/rubrique.php3?id_rubrique=34 livre des propositions...Elles concernent la préservation de la biodiversité, péril à ne pas négliger. Ce que je voudrais signaler, c'est que celles du cahier de France Nature Environnement (+ LPO/Ligue ROC) sont le résultat de milliers de réunions de citoyens volontairement impliqués dans des associations loi 1901 depuis que la fédération existe. En quelque sorte, et sans savoir qu'il y aurait un Grenelle, tous les dossiers étaient prêts, portés par des personnes élues ou mandatées s'exprimant au nom des adhérents. Il s'agit donc bien d'idées émises par des citoyens mobilisés qui n'attendent pas d'être
sensibilisés mais le sont effectivement, et se tiennent informés, débattent et expérimentent localement et évoluent au vu des résultats obtenus...Ils élaborent des propositions et savent réagir à celles des administrations et des pouvoirs publics. Le rôle de telles associations démocratiques est précieux et il est souhaitable de lui permettre de se développer. L' idée que vous émettez d'expérimentations officielement localisées se retrouve dans certaines des propositions du cahier général. Cordialement.

Di Girolamo a dit…

Serge nous dit...

" Compte tenu de l'urgence, il faut d'abord prendre des mesures essentielles, des mesures de rupture pour gagner du temps."


Urgence il y a : nous sommes bien d’accord ; le problème des mesures de rupture c’est… « La rupture » : Comment passe t’on d’une société à une autre ? Ne faut il pas que cette rupture soit assumée, comprise, voulue par une majorité de citoyens pour pouvoir réellement s’appliquer ? Et n’est ce pas, au final, perdre du temps que de chercher à introduire des mesures de rupture dans une société qui est loin très loin d’avoir fait sa mutation ?
Ne met on pas la charrue avant les bœufs ?

Ne serait ce pas gagner du temps que de commencer par le commencement : convoquer les citoyens, parce qu’il y a urgence, élaborer avec les scientifiques, les experts, les associations, les représentants politiques, les citoyens … un état des lieux sur la base d’une expertise et d’un débat public ouvert à tous….

Cela n’a jamais été fait. On a perdu du temps.

Serge a dit aussi :


« Mobiliser tous les citoyens, est-ce envisageable? Même le droit de vote;;; laisse le droit de s'abstenir. Quel outil magique ferait participer tout le monde comme un seul homme? »

Aujourd’hui sur un plan pratique et technique c’est tout à fait possible et envisageable.
La télévision publique est un média de masse puissant accessible facilement pour une grande majorité de citoyens : c’est le média des allocutions Présidentielles et de la coupe du monde …
Internet et ses applications permet une participation directe des citoyens.
Cela demande des moyens, une organisation sérieuse, mais c’est possible. Sans aucune magie.
Il ne s’agit pas de faire participer tout le monde comme un seul homme, ce n’est ni possible ni souhaitable.
Il s’agit de prendre au sérieux le problème environnemental et de fournir aux citoyens un outil de réflexion collectif attractif et de qualité.

Di Girolamo a dit…

Nelly Boutinot a dit... « Il s'agit donc bien d'idées émises par des citoyens mobilisés qui n'attendent pas d'être
sensibilisés mais le sont effectivement, et se tiennent informés, débattent et expérimentent localement et évoluent au vu des résultats obtenus... »

Ces citoyens là sont minoritaires ; reconnaître et promouvoir la nécessité de prendre du temps citoyen ne peut se faire que par l’introduction de nouveaux outils, d’organisations, de moyens humains et matériels permettant à un plus grand nombre de participer.
Organiser la démocratie participative c’est permettre, faciliter l’exercice de la souveraineté citoyenne. C’est permettre, faciliter, animer, au niveau national et local une collaboration des élus et des citoyens (qui d’eux-mêmes ont souvent pour diverses raisons du mal à le faire). C’est la mission et la responsabilité de l’état, en cette période cruciale non seulement pour la nature mais pour l’humanité de mettre des moyens.

Pour que des expérimentations locales puissent prendre forme dans de bonnes conditions et mobiliser un ensemble large d’acteur, des moyens d’animation sont nécessaires .Les associations seules ne peuvent rien : leurs actions, leur travaux doivent pouvoir s’insérer dans la politique nationale .L’émergence d’un projet politique national (dans le sens d’une société durable) ne peut s’obtenir qu’en faisant participer le plus grand nombre de citoyens à la réflexion, à l’expertise de l’état des lieux , à l’imagination et au travail d’élaboration du projet.

Rénovation, refondation démocratique et écologie sont intimement reliés
N’oublions pas qu’en définitive, tout se passe dans l’isoloir, c’est là que le peuple choisira ou non « la rupture » dont parle Serge.
Le Groupe de travail 5 a une mission essentielle de réflexion et proposition dans ce sens.

Christophe a dit…

Un petit mot du Qu�bec

C'est par une chronique d'Hubert Reeves dans le Journal de Montr�al que j'ai appris la tenue du Grenelle.
Je travaille avec son association � inciter mon pays � rejoindre les "amis de l'ONUE".Je suis tr�s heureux de voir l'�ducation � l'environnement comme �tant un sujet crucial. Je suis vraiment impressionn� par cette unit� f�d�rale (FNE/LPO/LIGUE ROC) et j'ai h�te de voir un jour, pas seulement le Canada mais aussi le reste du monde, agir comme vous le faites en France.

Christophe Dossarps
Dir. Consortium Evolution

Di Girolamo a dit…

Concernant le sujet du jour (30 juillet 2007 /le temps passe vite !) A savoir : l'Education à l'Environnement

Il faut distinguer selon moi l’environnement comme objet d’étude rentrant dans le domaine du savoir et des connaissances
Et l’environnement comme un ensemble global dans lequel nous sommes immergés et sur lequel nous agissons
Cette deuxième approche fait intervenir :
- l’écologie comme science dédiée à l’étude des relations des espèces avec leur environnement
- La politique comme action et réflexion collective destinée à rechercher la meilleure relation possible avec notre environnement ; la réflexion politique s’appuyant sur l' écologie en tant que science à développer

Comment vouloir éduquer et sensibiliser nos enfants à l’environnement si nous faisons l’impasse de la recherche politique et que parties prenantes d’une société destructrice de son environnement nous nous contentons de prêcher la bonne parole et de suggérer des changements individuels de comportement ?

Actuellement, au moment où je vais poster ce commentaire, un documentaire sur la 5 nous montre comment les esquimaux sont déjà victimes du réchauffement climatique et sont déjà en train de devenir les premiers réfugiés du climat. Dans le même temps des messieurs très sérieux nous expliquent comment bientôt, grâce au réchauffement, ils vont pouvoir exploiter les gisements pétroliers et gaziers des pôles ….

J’aimerai que ce documentaire fasse partie du nouvel outil politique que j’appelle de mes vœux : il serait suivi d’un débat sur le choix futur de société : continuer à épuiser et massacrer la planète tant qu’on le pourra encore ?Nous organiser autrement ?

Serge a dit…

Serge pour Di Girolamo

En effet, une mission d'information et de débats assignée à la télévision publique pourrait diffuser la notion de péril écologique (Nicolas Hulot s'y est essayé et sans lui il n'y aurait pas eu de Grenelle ) .. et mettre en relief toutes les possibilités pour le réduire.
Cependant vous savez bien que les documentaires et les débats existent à la télévision et sont libres d'accès mais sans une audience énorme... Car, et heureusement, chacun reste libre de les suivre...

Donc je place mon espoir dans ce Grenelle et je reste persuadé que c'est le commencement d'une rupture puisque jamais ne s'étaient rencontrées des personnes d'horizons si différents avec la mission d'aboutir à un consensus écolo-social... C'est déjà une rupture avec les habitudes de cloisonnement. Le monde change. ..
Les associations qui, comme vous le faites remarquer, ne rassemblent qu'une minorité de citoyens, oeuvrent dans l'intérêt de tous ...
Les hommes et femmes de bonne volonté existent dans tous les collèges...
Qu'ils aillent au bout de la mission et que cette montagne de bonnes volontés n'accouche pas d'une souris, c'est à espérer plutôt que de dénigrer l'initiative comme certains (pas vous) se plaisent, se complaisent à faire...

Di Girolamo a dit…

Serge, tu nous dis...

"En effet, une mission d'information et de débats assignée à la télévision publique pourrait diffuser la notion de péril écologique (Nicolas Hulot s'y est essayé et sans lui il n'y aurait pas eu de Grenelle ) .. et mettre en relief toutes les possibilités pour le réduire.
Cependant vous savez bien que les documentaires et les débats existent à la télévision et sont libres d'accès mais sans une audience énorme... Car, et heureusement, chacun reste libre de les suivre..."


Nous sommes donc en partie d’accord. En sachant que cette mission, les moyens à mettre en œuvre,les acteurs, les animateurs…. l’organisation, l’aspect continu , suivi ,participatif …. etc sont innovants
donc à imaginer ... et donc imprévisibles dans leurs effets….

D’autre part cette mission ,qui devra avoir de gros moyens pour diffuser des émissions ATTRACTIVES (le contraire de débats d’intellos/là aussi il faudra faire preuve d'imagination ) sera promue et lancée par le chef de l’état ,comme un nouvel outil politique ,dans l’institution, s’appuyant sur ses prérogatives de Président de TOUS les français ; cette mission inclura les parlementaires (qui eux aussi lancent régulièrement des missions! ) et aussi les échelons locaux , les communes les régions , les élus locaux …qui s’appuyant sur les personnels d’animations, les organismes divers de l’ état , les associations , chambres consulaires , socio professionnels, agriculteurs , artisans... citoyens lambda … Participeront localement à cette mobilisation nationale dont la tv public est le siège ,l’écho mais pas le résumé .


Serge, tu dis aussi :

« Donc je place mon espoir dans ce Grenelle et je reste persuadé que c'est le commencement d'une rupture puisque jamais ne s'étaient rencontrées des personnes d'horizons si différents avec la mission d'aboutir à un consensus écolo-social... C'est déjà une rupture avec les habitudes de cloisonnement. »

Moi aussi ; à condition que cette rupture dans les habitudes de cloisonnement se prolonge, SE STRUCTURE dans notre fonctionnement démocratique courant et s’exprime en grandeur réelle à l’issu du Grenelle

« Qu'ils aillent au bout de la mission et que cette montagne de bonnes volontés n'accouche pas d'une souris, »

Difficile d’exprimer en peu de mots (en beaucoup aussi) un vécu, une intuition et de décrire facilement un outil décloisonné et démocratique à mettre en face de nos "préoccupations" ... C'est de toute manière un effort collectif relevant du travail du Groupe 5.
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Ps: Concernant Nicolas Hulot, voir ma lettre ouverte à Nicolas Hulot du 7 décembre 2006, sur :
http://www.changement-climatique.fr/blog-acces/podcast/le-mot-du-president-du-conseil-economique-et-social/

Il y a aussi qq réflexions sur le sujet de notre conversation.
Cordialement

calonnec a dit…

comme beaucoup je souhaite que ce grenelle aboutisse et soit un nouveau depart, mais je suis sceptique en vous imaginant 40 autour d'une table, cherchant a obtenir la parole pour promouvoir une idee, ou parfois pour empecher le voisin de placer la sienne ...
j'imagine la complaisance dont doivent beneficier certains participants ...
j'imagine les tours de table a 40 ...
et j'espere que vous en dites autant en reunion que vous en ecrivez apres ...
alors, oui, je souhaite, mais je suis assez pessimiste !