mardi 13 novembre 2007

GRENELLE DES AUTOROUTES : LA RUPTURE EST ATTENDUE SUR LE TERRAIN

Les conclusions officielles du Grenelle de l’Environnement montrent une inflexion dans la politique autoroutière : « Les nouvelles infrastructures routières et autoroutières seront limitées à la résolution des cas de sécurité et de congestion, ou d’intérêt local. Ce principe s’appliquera avec bon sens ».

Dans ce contexte, Michel DUBROMEL, responsable du réseau Transports et Mobilité Durables de FNE constate pourtant « tous les projets autoroutiers sont devenus à nouveau prioritaires et urgents depuis les annonces faites à la fin du Grenelle de l’Environnement. Il apparaît que les actions dans les territoires concernés par une nouvelle implantation routière sont à l’opposé des décisions gouvernementales ».

Dominique BUSSEREAU, secrétaire d’Etat aux Transports a annoncé rapidement que le projet d’autoroute A65 doit être poursuivi. Dans le même temps, beaucoup d’élus restent sourds au message du Grenelle et ils continuent à résister au changement malgré l’urgence environnementale.

Pour leur part, les concessionnaires autoroutiers ne prennent pas de risques.
Ainsi, pour le projet d’autoroute A 65 Langon/Pau, une clause de déchéance limite les risques financiers pour le concessionnaire, dans le cas où le trafic ne serait pas au rendez-vous.

Or, la stagnation actuelle du trafic routier (données BIPE 2007), et la hausse des cours du pétrole, rendent de plus en plus probable, le paiement de cette déchéance (1 milliard d’Euros) au concessionnaire, par l’Etat et les collectivités territoriales.
Une fois de plus, c’est le contribuable qui va financer indirectement un projet routier.

A l’autre extrémité de la France, l’appel d’offres au concessionnaire du Contournement Autoroutier de Strasbourg stipule un financement de la part des trois principales collectivités territoriales. Malgré les interventions des associations, les collectivités n’ont pas démenti.

Tout se passe donc dans la continuité : au mépris des prises de position du Grenelle de l’environnement, les collectivités s’engagent à financer des projets autoroutiers.

La question est donc posée : sommes-nous en présence des derniers soubresauts d’un système obsolète en voie de disparition, fondé sur une énergie disponible à profusion, dans un monde au climat stable ? Ou s’agit-il d’une réaction dangereuse qui tend à consolider au plus vite un maximum de projets dépassés, avant que ne se referme la porte de la fuite en avant, pour préserver au détriment du contribuable quelques grands chantiers à retombées électoralistes et financières ?
En constatant la multitude des « exceptions locales » à l’orientation politique générale, France Nature Environnement, la SEPANSO, Réseau Action Climat-France et Agir pour l’Environnement sollicitent les plus hautes autorités de l’État pour que les engagements pris solennellement ne soient pas systématiquement bafoués.

La rupture annoncée n’est vraiment pas au rendez-vous. FNE, la SEPANSO, le RAC-F et APE feront tout pour s’opposer à ces projets anachroniques financés à notre insu par l’argent public.

4 commentaires:

Sylvie, Drôme a dit…

Bravo ! Merci ! Faites tout ce qu'il vous sera possible de faire ! Ras le bol des beaux discours suivis d'actions à l'opposé !!!

Hervé a dit…

Je vis en pleine campagne et je circule tout les jours pour mon travail et mes besoins personnels. J'espère que ce ne va pas devenir un luxe "éco taxable". Bien que..??
Les autoroutes, les commerces sont loin.....et on est ravitaillé par les corbeaux (Corvus boreus)...Mais quand on aime!!!!!
C'est mon choix de vie, je respecte et protège de mon mieux la nature dans laquelle je vis.
On nous dit vouloir développer le tissu rural et favoriser le désenclavement des zones reculées. Faire du "bien vivre à la campagne".
Je ne sais si vous savez à quel prix et ce que cela me coute annuellement en frais divers.
A force de vouloir tout réglementer, tout interdire, tout protéger on ne va plus pouvoir rien faire nul part.
Vous n'allez pas me faire croire quand même que vous vivez tous dans des cavernes, avec une peau de bête sur le dos et une bougie pour vous chauffer en rongeant des os à longueur de journée !!!!!????????
Il faudrait savoir ce que l'on dit et ce que l'on veut dans ce pays à la fin.......Ce n'est plus crédible ni sérieux.
J'ai bien peur que ces grandes messes "écolo gouvernementales" ne soient pavées que de bonnes intentions.
Bref, je vais enfin pouvoir emprunter les nouvelles autoroutes "grenellisées" avec mon vélo biénergie (pédales/ électricité) que je ferai recharger en cours de route sur la borne d'une éolienne... dont je ne connais pas encore le prix de vente "écotaxe" du courant fourni.

Vous pédalez tous complètement à côté de votre vélo.
Pour moi c'est fini, je décroche.

A bon entendeur.

Valérie. a dit…

et bien comme Sylvie, je trouve votre action et vos interventions nécessaires! Faire payer au contribuable des sommes folles pour des projets d'arrière garde, et sans le lui dire vraiment, en plus! Il fallait que ça soit dénnoncé. J'espère que vous serez entendus!

maxxoo a dit…

bonjour.

A moins de n'avoir pas compris le message au 5eme degré au moins d'hervé, je trouve sa reaction pitoyable d'incoherence, de mauvaise foi, de non sens, de negationnisme ecologique, voire de vielles insultes primaires déguisées à l'encontre de ces soit disant ecolos chevelus qui voudraient nous faire retourner à l'age de pierre...

A part ça, que croyaient ces ecolos des beaux disours du grenelle ?...

tout est écrit dans le texte final pour deroger aux beaux principes ennoncés... les députés, pressés comme d'habitude par les lobbies interpreteront la prose presidentielle, quant aux decrets d'application de ces lois, ne l'evoquons même pas de peur de se faire peur...

bon courage aux croyants, et aux non-croyants... pour ma part, je crains malheureusement que la solution a tout ceci ne soit dans une lutte plus globale faite d'actions plus concrètes que ces petits sourires face à des declarations d'intentions qui ne seront jamais suivies d'effets...